IMPÔT
SUR LE REVENU
Le barème de l'impôt sur le revenu de 2005
Article 2 de la loi de finances pour
2006
Comme chaque année, les limites
des tranches du barème sont relevées, par
rapport à celles du barème de l’année
précédente, de la hausse prévisible
des prix hors tabac constatée sur l’année
précédente, soit de 1,8 % pour l’imposition
des revenus de 2005.
Impôt sur le revenu de 2005 (1)
| Tranche
de revenu |
Taux
d'imposition |
| Moins
de 4 412 euros |
0% |
| 4
413 euros à 8 677 euros |
6.83% |
| 8
678 euros à 15 274 euros |
19,14
% |
| 15
275 euros à 24 731 euros |
28,26
% |
| 24
732 euros à 40 241 euros |
37,38
% |
| 40
242 euros à 49 624 euros |
42,62
% |
| Plus
de 49 624 euros |
48,09
% |
(1)
applicable à chaque part du quotient familial
La réforme du barème de l’impôt
sur le revenu de 2006
Article 75 et 76 de la loi de finances pour
2006
• À compter de l'imposition
des revenus de 2006 (impôt sur le revenu payé
en 2007), le nombre des tranches du barème de l'impôt
sur le revenu diminuera de 7 à 5, soit 4 taux d'imposition
au lieu de 6, ce qui permettra de diminuer la progressivité
de l'impôt.
Et, à compter de cette même date, l'abattement
de 20 %, déductible de certains revenus nets de charges
sera intégré dans le barème progressif,
ce qui se traduira par un ajustement des taux et des limites
de tranches de l’impôt sur le revenu.
Ainsi, les taux du barème de l’impôt
sur le revenu seront diminués de 20 %, alors que
les limites de chaque tranche augmenteront de 25 %. Ce faisant,
le nouveau barème applicable pour l’imposition
des revenus de 2006 sera le suivant :
Impôt sur le revenu de 2006 (1)
| Tranche
de revenu |
Taux
d'imposition |
| Moins
de 5 515 euros |
0
% |
| 5
516 euros à 11 000 euros |
5,5
% |
| 11
001 euros à 24 432 euros |
14
% |
| 24
433 euros à 65 500 euros |
30
% |
| Plus
de 65 500 euros |
40
% |
(1)
applicable à chaque part du quotient familial
À noter : les tranches de ce barème devraient
toutefois être modifiées par la prochaine loi
de finances, en fonction de la hausse prévisible des
prix hors tabac sur 2006.
• Afin de tirer les conséquences
de l’intégration de l’abattement de 20
% qui était réservé aux traitements et
salaires et, sous certaines conditions, à d’autres
revenus d’activité, et d’assurer une stricte
neutralité entre les revenus qui ouvraient droit et
ceux qui n’ouvraient pas droit à l’abattement,
certaines mesures de correction ont donc été
apportées.
Ainsi, à compter de l’imposition des revenus
de 2006, le montant des revenus et des bénéfices
qui n’ouvraient pas droit à l’abattement
de 20 % sera majoré de 25 %. D’un point de vue
pratique, leur montant sera donc majoré par l’application
d’un coefficient égal à 1,25.
Seront notamment concernés par cette mesure les revenus
déclarés par les titulaires de bénéfices
industriels et commerciaux (BIC) et de bénéfices
non commerciaux (BNC) non-adhérents des CGA et des
AGA et soumis à un régime réel d’imposition.
Doivent également être retraités les abattements
forfaitaires pour charges applicables aux régimes micro-BIC
et micro-BNC. En effet, les revenus à déclarer
après application de ces abattements forfaitaires ne
bénéficient pas de l’abattement de 20
%. Afin de compenser l’intégration de l’abattement
dans le barème, les abattements pour charges sont diminués.
Les taux d’abattement forfaitaire de 72 % pour les ventes
et de 52 % pour les prestations de services, applicables aux
micro-BIC, sont respectivement portés à 68 et
45 %, et le taux d’abattement forfaitaire de 37 % applicable
au régime micro des BNC est ramené à
25 %.
L’ajustement des règles d’imposition
des distributions des sociétés à l’IS
Article 76 de la loi de finances pour 2006
Les dividendes ouvrant droit à un abattement
spécifique de 50 % sont imposés, pour leur montant
net, au barème de l’impôt sur le revenu
au nom des bénéficiaires. Or, ce barème
inclura, à compter de l’imposition des revenus
de l’année 2006, l’abattement de 20 % dont
ne bénéficient pas ces dividendes. Afin que
cette réforme du barème de l’impôt
sur le revenu ne favorise pas les revenus du capital, le taux
de l’abattement spécifique applicable aux dividendes
avant leur imposition est diminué de 50 à 40
% à compter de l’imposition des revenus 2006.
L’assiette imposable des sommes distribuées étant
ainsi augmentée, l’équité commandait
à l’inverse d’augmenter l’abattement
annuel fixe pratiqué sur le montant des dividendes
imposables afin de conserver inchangé l’avantage
en base fiscale qui en découle. En conséquence,
à compter de l’imposition des revenus 2006, son
montant est porté à :
- 1 525 euros (au lieu de 1 220 euros) pour les contribuables
célibataires, veufs ou séparés ou pour
les couples soumis à une imposition séparée
;
- 3 050 euros (au lieu de 2 440 euros) pour les contribuables
mariés ou pacsés soumis à une imposition
commune.
L’ajustement des règles d’imposition
des revenus fonciers
Article 76 de la loi de finances pour 2006
Comme les titulaires de revenus distribués,
les titulaires de revenus fonciers ressortiraient avantagés
de l’intégration au barème de l’impôt
sur le revenu de l’abattement de 20 % dont ils ne bénéficient
pas aujourd’hui.
C’est pourquoi des correctifs sont apportés aux
règles d’imposition des revenus fonciers à
compter de l’imposition des revenus de 2006.
D’une part, le taux de l’abattement pratiqué
sur les recettes des contribuables au micro-foncier est diminué
de 40 à 30 %. D’autre part, le forfait de 14
% représentatif des frais de gestion est supprimé.
Le crédit d’impôt en faveur
de la mobilité professionnelle
Article 11 de la loi de finances pour 2006
Afin d’encourager la mobilité professionnelle,
un crédit d’impôt sur le revenu d’un
montant de 1 500 euros est instauré en faveur des personnes
– fiscalement domiciliées en France – qui,
pour exercer une activité salariée, déménagent
à plus de 200 kilomètres de leur ancienne résidence
principale.
Précisions : ce crédit d’impôt
est strictement réservé aux chômeurs de
longue durée, aux bénéficiaires de minima
sociaux et aux personnes privées d’emploi à
la suite d’un licenciement économique ou contraintes
de changer d’activité dans le cadre de la mise
en œuvre d’un plan de sauvegarde de l’emploi.
Le bénéfice de ce crédit
d’impôt est toutefois subordonné à
la condition que l’activité salariée ait
débuté entre le 1er juillet 2005 et le 31 décembre
2007 et soit exercée pendant au moins 6 mois consécutifs.
Et il n’est accordé qu’une seule fois par
bénéficiaire, au titre de l’année
au cours de laquelle s’achève la période
de 6 mois.
Le crédit d’impôt «
véhicules propres »
Article 110 de la loi de finances rectificative
pour 2005
Depuis le 1er janvier 2001, les contribuables
bénéficient d’un crédit d’impôt
sur le revenu de 1 525 euros lorsqu’ils acquièrent
ou prennent en location pour une durée d’au moins
2 ans un véhicule à l’état neuf
fonctionnant exclusivement ou non au moyen de gaz de pétrole
liquéfié (GPL), au moyen de gaz naturel véhicule
(GNV), ou combinant l’énergie électrique
et une motorisation à essence ou au gazole (motorisation
« hybride »).
À noter : la transformation d’un
véhicule à essence de moins de 3 ans en véhicule
fonctionnant au GPL ouvre également droit au crédit
d’impôt.
Ce crédit d’impôt, qui n’était
ouvert qu’aux dépenses consenties jusqu’au
31 décembre 2005, est prorogé en faveur des
dépenses payées ou des contrats de location
souscrits jusqu’au 31 décembre 2009, et son montant
est porté de 1 525 à 2 000 euros par véhicule
à compter du 1er janvier 2006.
Mais son champ d’application est restreint aux véhicules
rejetant moins de 140 grammes de dioxyde de carbone par kilomètre.
Par ailleurs, le bénéfice du crédit d’impôt
est étendu aux véhicules fonctionnant exclusivement
au moyen de l’énergie électrique.
Le crédit d’impôt «
prêts étudiants »
Article 80 de la loi de finances pour 2006
Les étudiants âgés de 25
ans au plus au 1er janvier de l’année d’imposition
et fiscalement domiciliés en France, qui contractent
un emprunt entre le 1er septembre 2005 et le 31 décembre
2008 pour financer leurs études supérieures,
peuvent bénéficier d’un crédit
d’impôt sur le revenu. Ce crédit d’impôt,
versé à raison des intérêts correspondant
aux 5 premières annuités de remboursement du
prêt souscrit, est fixé à 25 % du montant
des intérêts effectivement payés au cours
de l’année d’imposition, retenus dans la
limite annuelle de 1 000 euros. Il est attribué à
l’étudiant lorsqu’il quitte le foyer fiscal
de ses parents.
?Le plafonnement des impôts directs
Article 74 de la loi de finances pour 2006
À compter des impositions versées
en 2006, le montant total des impôts directs payés
par un même contribuable est plafonné à
60 % des revenus qu’il a perçus l’année
précédant celle du paiement de ses impositions
(principe dit du « bouclier » fiscal).
En pratique : ce plafonnement s’applique
au cumul de l’impôt sur le revenu, de l’impôt
de solidarité sur la fortune (ISF), de la taxe d’habitation
et de la taxe foncière supportées à raison
de l’habitation principale, mais ne concerne pas les
prélèvements sociaux.
En conséquence, afin de limiter
sa charge fiscale, chaque contribuable est en droit de demander,
au cours de l’année qui suit le paiement des
impositions directes, la restitution de la fraction de ces
impôts qui excède 60 % de ses revenus de l’année
précédant celle du paiement de ces impositions.
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ISF et donations
Le régime fiscal des donations
Articles 8, 9 et 10 de la loi de finances pour
2006
• À compter du 1er janvier 2006,
les donations consenties depuis plus de 6 ans (au lieu de
10 ans) avant la nouvelle transmission à titre gratuit
seront dispensées de rapport fiscal. Les contribuables
peuvent désormais effectuer des donations en franchise
de droits tous les 6 ans.
• Par ailleurs, les donations consenties
avec réserve d’usufruit à compter du 1er
janvier 2006 bénéficient d’une réduction
de droits de 35 % lorsque le donateur est âgé
de moins de 70 ans (contre 65 ans auparavant), et de 10 %
lorsqu’il a 70 ans révolus et moins de 80 ans
(au lieu de 75 ans auparavant). Les autres donations (donations
en pleine propriété, donations d’usufruit...)
consenties à compter de 2006 bénéficient
d’une réduction de droits de 50 % lorsque le
donateur a moins de 70 ans (au lieu de 65 ans auparavant),
et de 30 % lorsqu’il est âgé de moins de
80 ans (au lieu de 75 ans auparavant).
À noter : aucune réduction de
droits ne s’applique lorsque le donateur a 80 ans (contre
75 ans auparavant) et plus.
Le barème de l’ISF
Article 2 de la loi de finances pour 2006
Les limites des tranches du barème de
l’ISF sont désormais actualisées chaque
année dans la même proportion que la limite supérieure
de la 1re tranche du barème de l’impôt
sur le revenu. Compte tenu, cette année, du relèvement
de 1,8 % de ce barème, le seuil d’imposition
à l’ISF est porté à 750 000 euros
(au lieu de 732 000 euros en 2005) et le barème est
modifié.
Barèmme de l'ISF 2005
Fraction
de la valeur nette
taxable du patrimoine |
Tarif
applicable |
| N’excédant
pas 750 000 euros |
0
% |
Supérieure
à 750 000 euros et
inférieure ou égale à 1 200 000 euros |
0,55
% |
Supérieure
à 1 200 000 euros et
inférieure ou égale à 2 380 000 euros |
0,75
% |
Supérieure
à 2 380 000 euros et
inférieure ou égale à 3 730 000 euros |
1
% |
Supérieure
à 3 730 000 euros et
inférieure ou égale à 7 140 000 euros |
1,3
% |
Supérieure
à 7 140 000 euros et
inférieure ou égale à 15 530 000
euros |
1,65
% |
| Supérieure
à 15 530 000 euros |
1,8
% |
L’exonération d’ISF des titres
de société
Article 26 de la loi de finances pour 2006
• Pour le calcul de l’ISF dû
à compter de 2006, les parts ou actions de société
faisant l’objet d’un engagement collectif de conservation
d’une durée d’au moins 6 ans sont exonérées
d’ISF à concurrence de 75 % (et non plus 50 %)
de leur valeur et ne sont donc retenues dans les bases d’imposition
à l’ISF de leur propriétaire que pour
25 % de leur valeur.
• Par ailleurs, pour l’ISF
dû à compter de 2006, les parts ou actions de
sociétés industrielles, commerciales, artisanales,
agricoles ou libérales peuvent être exonérées
d’ISF à hauteur de 75 % de leur valeur dès
lors qu’elles sont détenues par des personnes
exerçant leur activité principale dans la société
en tant que salarié ou mandataire social, et qu’elles
restent la propriété du redevable pendant au
moins 6 ans.
Et cette exonération partielle s’applique également,
dans les mêmes conditions, aux titres détenus
par les anciens salariés ou mandataires sociaux depuis
au moins 3 ans au moment où ils cessent leurs fonctions
ou activités pour faire valoir leurs droits à
la retraite.
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